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Nouvelles communautaires

Un appel au leadership canadien : l’engagement politique peut éradiquer le VIH et l’hépatite C

Le 19 octobre, les électeurs canadiens décideront dans quel genre de Canada ils souhaitent vivre : un pays qui remporte la palme pour la protection de la santé et des droits de la personne de toute sa population, ou un pays qui continue d’être relégué à un rang inférieur

Lorsqu’il s’agit de la réponse au VIH et à l’hépatite C (VHC), le Canada est un traînard, tant au pays qu’à l’étranger. Les traitements du VIH et du VHC ayant connu des développements majeurs, les vies de milliers de Canadiens et de Canadiennes pourraient être grandement améliorées, voire sauvées. Mais les personnes qui vivent avec le VIH et avec le VHC ne sont pas dépistées ou jointes efficacement afin de recevoir ces traitements – qui ne sont d’ailleurs pas toujours offerts ou accessibles. Sans une stratégie nationale coordonnée et actualisée, pour fournir des services de prévention, de dépistage et de traitement, les personnes vivant avec le VIH et avec le VHC continueront de souffrir inutilement

Aux quatre coins du monde, des pays ont fait preuve d’un leadership remarquable pour répondre à l’épidémie du VIH. L’Australie, par exemple, a fait des progrès considérables dans l’expansion du diagnostic et du traitement pour les personnes vivant avec le VIH. Le résultat est éloquent : pour chaque tranche de 100 000 Australiens, 115 vivent avec le VIH, en comparaison avec 208 cas sur 100 000 pour ce qui est des Canadiens. Au chapitre des nouvelles infections par le VIH, le Canada en compte 7,6 par année par 100 000 habitants; l’Australie a réduit ce chiffre à 4,6. Chez nos voisins du sud, le Plan d’urgence du président des États-Unis pour vaincre le sida appuie une stratégie progressiste et évolutive pour la réponse à l’épidémie. Même dans des pays à revenu moyen et des pays limités en ressources, comme plusieurs le sont dans la Caraïbe et en Afrique subsaharienne, on compte sur des stratégies coordonnées. Ces gouvernements ont compris qu’en augmentant le nombre de personnes qui sont traitées on peut réduire le nombre de nouvelles infections par le VIH. La relation entre le traitement et la prévention de la transmission, à présent confirmée par la science, éclaire les stratégies actualisées qu’ont adoptées des leaders comme l’Australie. En comparaison, la Stratégie nationale du Canada sur le VIH n’a pas été renouvelée depuis 2004

Triste situation similaire à plusieurs égards, en ce qui concerne l’épidémie du VHC. Comme le VIH, le VHC demeure hanté par la stigmatisation et la discrimination. Trop souvent associée à la pauvreté, à la consommation de drogue et à la marginalisation sociale, l’épidémie de VHC souffre d’une insouciance politique générale. Des mesures de prévention scientifiquement éprouvées – comme les programmes d’échange de seringues et les sites de consommation supervisée pour les consommateurs de drogues, y compris la mise en œuvre de programmes d’échange de seringues dans les prisons – sont régulièrement bloquées et érodées par des actions du gouvernement. Cependant, ce qui différencie les deux épidémies, c’est les traitements : il existe aujourd’hui des remèdes pour guérir le VHC. Pourquoi, alors, parlons-nous encore d’une épidémie de VHC? Parce que sans la volonté politique d’établir une stratégie nationale pour les traitements – une approche qui devrait être complétée par un programme national d’assurance-médicaments universelle –, l’accès à cette guérison est erratique, très coûteux et variable d’une région à l’autre du pays

Il y a de l’espoir, mais nous devons passer aux actes dès maintenant

En tant qu’État membre des Nations Unies, le Canada est un signataire des cibles mondiales « 90-90-90 » pour mettre fin au sida comme menace à la santé publique : d’ici 2020, 90 % des personnes vivant avec le VIH seront au courant de leur infection; 90 % de celles qui auront été diagnostiquées recevront une thérapie antirétrovirale continue; et 90 % de celles-ci arriveront à la suppression virale. Il s’agit d’objectifs louables, qui nécessitent des façons d’agir qui s’écartent de l’approche ordinaire. Certes, les objectifs mondiaux sont ambitieux, mais ils sont réalisables si les décideurs politiques ont la volonté de travailler avec les communautés les plus affectées, d’adopter des politiques sensées et fondées sur des données probantes, et de protéger les droits de la personne; et s’ils engagent les sommes relativement modestes qui sont nécessaires. (Or les fonds fédéraux pour la réponse de notre pays au VIH sont gelés, depuis huit ans, et demeurent très inférieurs au niveau que tous les partis au Parlement avaient reconnu comme nécessaire il y a de cela plus d’une décennie.

Il y a beaucoup à faire. Premièrement, le Canada ne dispose pas d’estimations nationales du nombre de personnes dépistées pour le VIH ou le VHC et qui reçoivent des soins. Il faut procéder en temps plus opportun à une collecte de données et à la désagrégation de celles-ci afin de mieux comprendre la portée de l’épidémie et mieux éclairer nos stratégies et interventions afin d’atteindre les cibles 90-90-90. Deuxièmement, les communautés qui portent le plus grand fardeau des épidémies doivent être priorisées, à l’aide de cibles claires pour mettre les personnes en contact avec les programmes de prévention, de dépistage et de traitement. Troisièmement, le Canada continue d’avoir du mal à créer des cadres habilitants qui protègent les droits de la personne et favorisent l’accès en temps opportun au dépistage, aux soins et aux traitements; de fait, le Canada fait fi de données probantes et des droits de la personne, dans ses politiques publiques sur des enjeux comme les drogues, le travail du sexe et la criminalisation des personnes vivant avec le VIH. En outre, bien que nous ayons besoin d’une stratégie cohérente, nous devons veiller à répondre aux besoins de communautés spécifiques : les Autochtones, les femmes, les jeunes, les personnes qui consomment des drogues, les hommes gais et autres hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes, les personnes trans, les travailleuse(-eur)s du sexe ainsi que les personnes incarcérées.

Donc, que pouvons-nous faire? Nous observons des succès retentissants dans d’autres pays : établir des buts et cibles clairs est crucial pour ralentir l’épidémie du VIH et pour commencer à entrevoir comment nous pourrions mettre fin à cette crise de santé publique qui se poursuit. Les buts établis par la communauté mondiale sont atteignables : la science est de notre côté. Ce qu’il faut, ce sont de bonnes politiques et de bons programmes, mis à l’échelle. Les politiques doivent être enracinées dans des données probantes de la santé publique et dans les droits de la personne. Le leadership et la volonté politique au palier fédéral doivent trouver écho au palier provincial-territorial, pour offrir un cadre propice à une réponse renouvelée et revigorée, devant le VIH et le VHC, et conduire à l’accès à des soins fondés sur les droits, pour toutes et tous

Voilà quelque chose qui mérite des votes

Voici ce qu’en disent les partis fédéraux

Informations des partenaires nationaux au sujet des élections : 

Coalition interagence sida et développement (CISD) / Interagency Coalition on AIDS and Development (ICAD)